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25, rue de Chazelles – Ateliers de la fonderie Gaget et Gauthier
Lieux de mémoire américains à Paris
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Panneau de Paris – Statue de la Liberté rue de Chazelles par Paul-Joseph-Victor Dargaud, v. 1885

C’est ici que fut construite La Liberté éclairant le Monde (plus connue sous le nom de Statue de la Liberté) qui domine aujourd’hui le port de New York.

En effet, dès l’annonce du projet visant à offrir aux États-Unis un monument destiné à commémorer le centenaire de la Déclaration d’Indépendance et à célébrer l’amitié franco-américaine, il fut décidé que les États-Unis construiraient le socle, tandis que la France se chargerait de fabriquer la statue, de la transporter en pièces détachées, puis de l’assembler à nouveau sur place.

Frédéric Auguste Bartholdi confia la réalisation de l’ossature en fer à l’entreprise de Gustave Eiffel. La maison de couverture, de plomberie et le chaudronnerie Gaget et Gauthier, qui s’était déjà illustrée en restaurant en 1873 la colonne Vendôme, fut quant à elle choisie pour réaliser le montage de la statue. Elle loua à cet effet un terrain de 3.000 mètres carrés rue de Chazelles, juste à côté de ses ateliers.

Les 300 pièces de cuivre de la Statue de la Liberté, de 2,5 millimètres d’épaisseur, furent martelées, puis fixées sur le squelette de fer, et enfin rivées les unes aux autres par un système d’écrous invisibles de l’extérieur. Cet assemblage, entrepris en 1876, se prolongea jusqu’en 1885.

Statue de la Liberté, en construction

Afin de financer les travaux, Bartholdi eut l’idée de présenter certaines parties achevées de la statue lors de grandes manifestation internationales. Ainsi, la première pièce construite, le bras de la statue portant le flambeau, fut envoyée à l’Exposition de Philadelphie en 1876, puis revint en France, tandis que la tête fut présentée à l’Exposition universelle de Paris, dans les jardins du Champs-de-Mars, en 1878, où on pouvait la visiter pour 5 centimes.

A l’initiative du Comité de l’Union franco-américaine, la vente par souscription de modèles réduits en terre cuite, dits « modèles du Comité », participa également au financement. Limités à 200 exemplaires signés de Bartholdi, ils étaient numérotés, estampillés, éventuellement personnalisés par l’inscription du nom du souscripteur dans l’argile. Vendus par les ateliers de Gaget et Gauthier, ils seraient selon certains à l’origine du mot « gadget ».

La vision de cette haute statue émergeant peu à peu entre les toits de Paris devint familière. Des billets furent même vendus pour visiter les ateliers et voir l’activité de construction.

En 1885, la statue fut enfin achevée. Restait à la démonter et à l’acheminer. Chacune des 350 pièces qui la constituaient fut numérotée, puis répartie dans 210 caisses, dont 36 pour les rivets et les boulons, puis transportée en train de la gare Saint-Lazare à Rouen. Transportée par bateau, remontée en quatre mois, La Liberté éclairant le Monde fut finalement inaugurée à New York le 28 octobre 1886, avec dix ans de retard sur la date prévue.