Intervention du Secrétaire d’État Rex Tillerson devant la commission OTAN-Ukraine

U.S. Secretary of State Rex Tillerson addresses the press prior to a meeting of NATO foreign ministers at NATO headquarters in Brussels on Friday, March 31, 2017. U.S. Secretary of State Rex Tillerson meets with his NATO counterparts in Brussels for the first time looking to persuade reluctant allie

Le 31 mars 2017, Bruxelles.

Merci pour cette opportunité de représenter les États-Unis à cette importante réunion sur l’Ukraine.

Il y a trois ans, l’agression de la Russie contre l’Ukraine a ébranlé les fondements mêmes de la sécurité et de la stabilité en Europe. Aujourd’hui, l’hostilité et l’occupation des territoires dont fait preuve la Russie mettent en péril notre vision commune d’une Europe unifiée, libre et en paix.

Le soutien des États-Unis et de l’OTAN à l’Ukraine reste inébranlable. Comme nous l’avons répété à chaque réunion ministérielle et pendant le Sommet depuis que la Russie a lancé sa campagne d’agression contre l’Ukraine, les alliés de l’OTAN restent fermes dans leur soutien pour la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Nous n’acceptons pas, et n’accepterons pas les tentatives russes de changer les frontières du territoire de l’Ukraine.

Nous remercions l’Allemagne et la France pour leur détermination à trouver une solution diplomatique à la crise actuelle en Ukraine orientale sous le Format Normandie. Nous continuerons à soutenir leurs efforts pour accélérer la mise en œuvre des accords de Minsk. La solidarité de l’OTAN est cruciale pour trouver une solution politique à ce conflit.

Nous continuerons à pousser la Russie à respecter ses engagements pris à Minsk. Les sanctions américaines resteront en place jusqu’à ce que Moscou fasse marche arrière dans les actions ayant déclenché nos sanctions.

Nous notons avec inquiétude une escalade de la violence le long de la ligne de contact et un ciblage répété d’infrastructures civiles par les forces séparatistes dirigées par la Russie, autant de problèmes qui posent un risque élevé de catastrophe humanitaire.

Nous demandons à la Russie d’exercer son influence sur les séparatistes afin de stopper la violence, de mettre un terme à la campagne d’attaques et d’intimidation contre les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et afin de faciliter l’accès nécessaire pour effectuer leur travail.

L’OSCE doit pouvoir être en mesure de remplir son mandat de surveillance tout au long de la zone de conflit et jusqu’à la frontière internationale. La Russie doit par ailleurs comprendre qu’il est impossible d’aller de l’avant sur les aspects politiques des accords de Minsk tant qu’il n’y a pas d’amélioration visible, vérifiable et irréversible de la situation sécuritaire.

Les sanctions liées à la Crimée doivent rester en place jusqu’à ce que la Russie rende le contrôle de la péninsule à l’Ukraine.

Même en dépit des agressions de la Russie, l’Ukraine peut se targuer de formidables accomplissements sur le plan interne. Nous saluons les récents succès liés à la réforme, y compris les efforts de lutte contre la corruption et la poursuite des réformes nécessaires pour atteindre les objectifs posés par le FMI.

Les États-Unis continuent d’exhorter l’Ukraine à redoubler d’efforts pour mettre en œuvre des réformes difficiles, notamment pour en finir avec la corruption, accroître la transparence du système judiciaire, renforcer le secteur bancaire et poursuivre la réforme de la gouvernance d’entreprise et de la privatisation des entreprises publiques. Nous devons continuer à soutenir l’Ukraine sur la voie de la réforme.

Rien ne sert à l’Ukraine de se battre pour son corps dans le Donbass, si c’est pour perdre son âme dans la corruption. Nous devons soutenir, financer et donner aux institutions de lutte contre la corruption les moyens nécessaires.

Même en dépit de l’agression russe en cours, l’Ukraine s’est engagée dans un effort ambitieux de réforme et de modernisation de ses forces armées, pour répondre aux normes de l’OTAN d’ici 2020.

Si l’agression russe rend ces réformes plus difficiles, elle les rend d’autant plus urgentes.

Nous saluons les objectifs énoncés dans le Bulletin de défense stratégique que le Président, M. Poreshenko a présenté aux alliés à Varsovie, et nous attendons avec impatience leur application intégrale.

Les États-Unis continueront de soutenir l’Ukraine dans cet effort. Depuis le début de la crise, les États-Unis ont engagé plus de 600 millions de dollars d’aide à la sécurité.

En plus de nos contributions bilatérales, les États-Unis se sont engagés à verser 1.3 million de dollars pour le fonds d’affectation spéciale du partenariat pour la paix en vue de la destruction d’armes légères et de petit calibre, et ont également contribué aux fonds d’affectation spéciale de l’OTAN-Ukraine pour contrer les effets des engins explosifs improvisés.

L’agression russe en Ukraine n’a pas diminué. Cette réunion est une démonstration claire du soutien politique de l’OTAN à l’Ukraine. Je vous encourage à rendre cet appui tangible en maintenant une position solidaire quant aux sanctions appliquées et en contribuant individuellement aux fonds d’affectation spéciale OTAN-Ukraine.

Ensemble, nous nous tiendrons aux cotes de l’Ukraine pour l’aider à défendre la souveraineté de son territoire, à renforcer son économie et à continuer à mettre en œuvre ses réformes. Comme le Président Trump l’a évoqué, chaque pays a le droit de tracer son propre avenir, et nous devons aider le peuple ukrainien à maintenir ce droit sacré. Je vous remercie.

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
Photo : AP Photo/Virginia Mayo, Pool