Lieux de mémoire américains à Paris

Statue de Washington et La Fayette, Place des Etats-Unis, 16eme
Statue de Washington et La Fayette, Place des Etats-Unis, 16eme

De très nombreux lieux parisiens sont associés à l’histoire des Etats-Unis, et en particulier à la lutte pour son Indépendance. D’autres lieux sont liés au souvenir d’Américains célèbres, écrivains ou artistes, qui y ont vécu.

Place du Carrousel
Statue of Lafayette
Statue équestre en bronze du jeune La Fayette venant offrir ses services à la jeune république américaine, elle fut offerte en 1900 par les enfants des Etats-Unis à l’Etat français. Une des inscriptions latérales décrit La Fayette comme Ami de l’Amérique, Compagnon d’armes de Washington, Soldat de deux patries.

95, rue de Richelieu
Au numéro 101 (maintenant 95) dans un hôtel meublé appelé à l’époque Hôtel des Patriotes Etrangers, et qui depuis a été démoli, l’Ambassadeur Gouverneur Morris cacha des réfugiés pendant la Terreur de 1792 à 1794.

47, rue Vieille-du-Temple

Hôtel des Ambassadeurs de Hollande
Siège de la Compagnie Roderigue Hortalez & Cie, compagnie maritime fictive, destinée à la préparation matérielle et au financement de la Révolution américaine. A cette époque, la France est encore officiellement en paix avec l’Angleterre. Orchestrée par Beaumarchais de 1776 à 1778, l’opération soutenue par le roi Louis XVI permet l’armement de vaisseaux ainsi que la récolte de plus d’un million de livres afin de soutenir les insurgés américains.

13, rue de l’Ancienne Comédie
Café Procope
C’est ici qu’en 1686, un Sicilien, Francesco Procopio, a ouvert le premier café de Paris. Lieu de rencontre par excellence des écrivains, philosophes et révolutionaires français, ce lieu a également été fréquenté par John Paul Jones, Thomas Jefferson et Benjamin Franklin. Le 15 juin 1790, pour rendre hommage à Benjamin Franklin qui venait de mourir, un service funéraire y fut improvisé devant son portrait.

40, rue du Cherche-Midi
Résidence de Rochambeau
Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, Comte de Rochambeau, Maréchal de France, est envoyé par le Roi Louis XVI pour combattre aux côtés des patriotes américains. Il participe à la victoire de Yorktown. Dans ce bâtiment a été fondée en 1784 la section française de la Society of Cincinnati, en souvenir de l’indépendance américaine.

56, rue Jacob
Hôtel d’York
Dans ce bâtiment, le 3 septembre 1783, les représentants des Etats-Unis et du royaume d’Angleterre signèrent le Traité de Paris par lequel l’Angleterre reconnaissait l’indépendance des treize colonies. David Hartley et Richard Oswald signèrent le traité au nom de l’Angleterre. Les Etats-Unis étaient représentés par Benjamin Franklin, John Jay et John Adams. Le traité fut ratifié ulterieurement par le Congrès à Annapolis. Les trois commissionnaires avaient commencé la negociation d’un traité préliminaire avec la Grande Bretagne en novembre 1782. Le traité officiel de 1783 mit fin à la guerre entre la mère patrie et ses colonies. Le même jour, à Versailles, des traités de paix furent signés entre la France et l’Angleterre et l’Angleterre et l’Espagne.

15, rue du Regard
Emplacement de l’hôtel de la Guiche, construit en 1771, occupé en 1921 par les locaux de Crédit Municipal. Il y avait à cette époque une plaque dans la cour indiquant le plan de l’ancien hôtel de la Guiche, dont l’une des façades a été reconstruite : les portes étaient celles de l’ancien hôtel. Elle fut la résidence du Général John Armstrong en 1808.

19, rue de Tournon
Résidence de John Paul Jones, fondateur de la U.S.Navy
John Paul Jones fut l’un des héros de la Guerre d’Indépendence. Né en Ecosse en 1747, il rejoint la marine de l’armée Continentale en 1775. Il est envoyé au large de l’Angleterre aux commandes d’une flotte de navires portant le drapeau américain. Le 23 septembre 1779, il remporte une grande victoire navale en capturant le navire britannique « HMS Serapis ». De retour à Paris, il est acclamé en héros. A partir de 1783, il se consacre à l’étude de l’art naval militaire.

1, rue de Vaugirard
Cette maison fut habitée par le Général Armstrong en 1810 durant la fin de son mandat.

2, rue de Bellechasse
Palais de la Légion d’Honneur, anciennement Hôtel de Salm
Cette résidence, qui était en construction lorsque Thomas Jefferson arriva en France en 1784, a eu une influence considérable sur l’architecture américaine. En mars 1787, Jefferson écrivit qu’il s’était “violemment enthousiasmé” à son propos. Il écrivit également à l’architecte français Pierre L’Enfant, qui conçut plus tard la Capitale Fédérale à Washington, que les deux façades de l’Hôtel de Salm comptaient parmi les “façades les plus glorifiées des bâtiments modernes” qui puissent servir de modèle aux Etats-Unis. Jefferson lui-même s’inspira beaucoup de l’Hôtel de Salm pour la conception de sa résidence de Monticello. Au début du 19ème siècle, l’Hôtel de Salm fut racheté par la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur, et les noms et les portraits des personnes ayant reçu cette distinction sont exposés dans le musée.

21, rue de l’Université
Albert Gallatin est arrivé à Paris en mars 1816 et après avoir passé une quinzaine de jours à l’ hôtel, élut domicile dans la rue même où Benjamin Franklin avait résidé quarante ans plus tôt. En 1921, ce bâtiment était l’hôtel du Duc de la Salle de Rocheinaure et en 1927, il fut occupé par un service du Ministère des Finances américain.

8, rue d’Anjou
La Fayette habita au 2ème étage de cet immeuble de 1827 à sa mort, en 1834. On peut y lire l’inscription suivante : “Le Général La Fayette, défenseur de la liberté en Amerique, un des fondateurs de la liberté en France, né le 6 septembre 1757 au Château de Chavagnac en Auvergne, est mort dans cette maison le 20 mai 1834.”

89, rue de la Boétie
Deux Ministres Plénipotentiaires ont vécu dans cette partie de la rue de la Pépinière qui est devenue maintenant la rue de la Boétie : en 1841, le Général Cass a vécu au numéro 89 et en 1860 Charles J.Faulkner au numéro 49.

92, avenue des Champs-Elysées
Hôtel de Langeac
Résidence de Thomas Jefferson de 1785 à 1789.
Site de l’ancien Hôtel de Langeac. Thomas Jefferson s’y installa quand il fut officiellement nommé Ambassadeur en France en 1785. Lorsque Jefferson arriva en France, le régime était encore une monarchie absolue et il vit donc naître la Révolution Française. Il était si estimé qu’il fut invité à siéger à l’Assemblée Nationale lors de la rédaction de la Constitution.

68, rue Pierre Charron
Le Bureau des Passeports du Consulat fut établi ici après la Première Guerre Mondiale, en 1919, lorsque le volume de travail du bureau des passeports devint tel que l’espace des anciens bureaux de la rue des Italiens ne suffisait plus.

4, Place de la Concorde
Hôtel de Coislin
Dans cet hôtel furent signés les Traités d’Amitié, de Commerce et d’Alliance entre la France et les Etats-Unis, le 6 février 1778. La France, representée par Conrad Alexandre Gérard reconnaît l’indépendance des Etats-Unis, représentés par Benjamin Franklin, Silas Deane et Arthur Lee. Les traités prévoient un soutien militaire ainsi qu’une paix éternelle entre les deux pays. Il est le couronnement du travail diplomatique de Benjamin Franklin. La plaque rendant hommage à Benjamin Franklin se trouve encore sur le bâtiment à l’angle de la rue Royale. On peut lire sur cette plaque :
En cet hôtel, le 6 février 1778, Conrad A.Gérard, au nom de Louis XVI, Roi de France, Benjamin Franklin, Silas Deane, Arthur Lee au nom des Etats-Unis, ont signé les Traités de paix, de Commerce et d’Alliance par lesquels la France avant toute autre nation reconnaissait l’indépendance des Etats- Unis.  La statue de Benjamin Franklin réalisée par Houdon en 1778, entra au Louvre en 1880.

5, rue François 1er
Résidence de l’Ambassadeur White de 1907 à 1909, plus tard utilisée par les Ambassadeurs Bacon et Herrick. Durant la Première Guerre Mondiale, elle devint le quartier général de la American Relief Clearing House, fondée par Myron T.Herrick pour coordonner les efforts des Associations F/A caritatives américaines ; ce qui permit de récolter de novembre 1914 à juin 1917 (lorsque les Etats-Unis entrèrent en guerre) 12 millions en argent liquide et 86 millions en provisions de toutes sortes.

59, rue de Galilée
Les bureaux de l’Ambassade, Place des Etats-Unis ne furent pas utilisés longtemps car lorsque le Ministre McLaine arriva à Paris en 1885, on chercha de nouveaux locaux. Les anciens bureaux de la Légation du 95, rue de Chaillot, que le Ministre Washburne avait choisi 20 ans plus tot, n’étant pas adéquats, ils avaient été sous-loués. Il était difficile de trouver de nouveaux locaux avec les maigres 800 dollars par an que le gouvernement accordait à ses diplomates.

35, avenue Hoche
Deux Ministres plénipotentiaires ont vécu ici : Whitelaw Reid en 1890-1891 et Coolidge en 1892. C’était l’ancienne maison de la Comtesse de Gramont dont le père avait été Consul-Général en Egypte. Elle contenait un grand nombre d’antiquités égyptiennes qui n’étaient pas du goût des Ministres américains.

19, rue Lavoisier
C’était la sixième maison habitée par le Général Cass et utilisé par plusieurs Ministres : par Henry Ledyard en 1843 et William R.King de 1844 à 1845.

72, rue Auber
Le percement de la rue fit disparaître la rue Trudon dans laquelle le Ministre Plénipotentiaire Robert Livingston a vécu vers 1801.

16, rue Laffitte
La section de la rue Laffitte comprise entre le Boulevard des Italiens et la rue de Provence fut habitée par deux américains au debut du XIXeme siècle, quand cette rue portait encore le nom de rue Cerutti. Jonathan Russell, le Chargé d’Affaires, a vécu dans cette maison en 1810.

44, rue de la Victoire
En 1921, une synagogue fut construite à l’endroit jadis occupé par l’hôtel où siégeait la Légation. Deux Ministres Plénipotentiaires y ont vécu : Edward Livingston de 1836 à 1837 et le Général Lewis Cass en 1837.

24, rue de Vintimille
La Place de Vintimille et le Square Berlioz occupent le site du jardin d’un pavillon construit avant la Révolution par l’architecte Carpentier, pour de la Bouxière, Fermier Général ; les arbres de la Place sont les vestiges d’un immense parc et la pelouse du square rappelle l’emplacement d’un bassin. Monroe a vécu dans ce pavillon en 1794. L’entrée principale se trouvait rue de Clichy.

30, rue d’Hauteville
Le consulat américain se trouvait ici de 1842 à 1844. C’est la première allusion à un consulat distinct, bien que, du temps de Benjamin Franklin, un consul ait été nommé pour travailler apparemment avec lui au sein de la Légation.

35, rue de Picpus
Cimetière de Picpus – Tombe de La Fayette
Marie-Joseph Paul Roch Yves Gilbert Mottier, Marquis de la Fayette s’est engagé des 1777 dans l’Armée Continentale. Il achète un navire qu’il arme à ses frais. Il obtient le titre de Général aupres du Congrès Continental, ancêtre du Congrès actuel, formé par les représentants des colonies américaines, pour boycotter les décisions commerciales de l’Angleterre. Il est l’un des acteurs victorieux de la Bataille de Yorktown. De retour en France, il est Général de la Garde Nationale pendant la Révolution. Il fera deux autres voyages aux Etats-Unis après la Guerre et sera fait citoyen d’honneur des Etats-Unis. Il est enterré au cimetière de Picpus aux cotés de sa femme. Tous les 4 juillet, les membres de l’Association Cincinnati de France, les membres français des Fils de la Revolution Américaine et des représentants du gouvernement américain se réunissent pour honorer sa mémoire.

43-47 rue d’Auteuil
Hôtel Antier 
Résidence de John Adams de 1784 à 1785.
John Adams a vécu dans cette maison avec sa femme et ses deux enfants pendant presque un an de septembre 1784 à août 1785. A Paris, il remplaça Silas Deane dans les négociations du Traité de Commerce et d’Amitié signé en février 1778. En février 1780, il revint de nouveau en France pour travailler aux côtés de Benjamin Franklin et de John Jay sur le Traité de Paix et de Commerce avec l’Angleterre. Il fut l’artisan d’un accord en novembre 1782 et fut le premier représentant des Etats-Unis à être nommé à la Cour du Roi d’Angleterre. Il demandera à retourner aux Etats-Unis en 1788.

95, rue de Chaillot
Les bureaux de la Légation y furent établis mais les locaux furent vacants jusqu’en 1886. Ils étaient de mauvaise qualité, au deuxième étage entre une épicerie et d’une blanchisserie.

3, Place des Etats-Unis 
Résidence du Ministre Morton, mais apparemment aussi siège de la Légation car lorsqu’il arrive, le personnel s’apprêtait à déménager du 95, rue de Chaillot pour un quartier plus adéquat. Malheureusement il restait un problème : le nom. Pour des raisons de vocabulaire difficiles à comprendre pour les Français, la Place de la Bitche (ainsi nommée en hommage à une petite ville proche de la frontière belge qui avait résisté à l’invasion prussienne) suscitait gêne et ridicule chez les compatriotes de Morton. Même au Département d’Etat, l’entête du papier à lettre du Ministre choqua. Il devenait urgent de trouver une solution. Morton en référa au Préfet de Paris et la Place de la Bitche devint la Place des Etats-Unis.

75, avenue Foch
A cette époque, l’Avenue Foch s’appelait l’avenue de l’Impératrice, puis plus tard l’avenue du Bois de Boulogne. La Légation y était installée sous E.B.Washburne qui résida à Paris durant le siège de 1870 et la Commune ; le gouvernement allemand lui avait confié les intérêts des Allemands vivant à Paris et la sécurité de leur départ. La maison fut investie par les Communards mais échappa aux flammes. En septembre 1870, après la fermeture des portes de Paris durant la guerre Franco- Prussienne, Washburne quitta l’avenue Montaigne, où il habitait et retourna chez lui. Il put constater le changement avec l’époque précédant la guerre. L’évacuation des Allemands de Paris fut suivie par l’insurrection du 18 mars 1871. Ce jour-là, la Commune fut proclamée et le gouvernement français s’exila à Versailles. Washburne le suivit. Mais Versailles était surpeuplé, il fut obligé de louer une petite pièce au numéro 13 de la rue Mademoiselle. Pour la première fois depuis la fondation du gouvernement américain, le Ministre fut obligé de rédiger ses discours à l’extérieur de Paris.

Place d’Iéna
Statue de George Washington
La statue de George Washington réalisée par le sculpteur américain Daniel Chester French fut inaugurée le 3 juillet 1900. C’est une statue de bronze représentant Washington à cheval. Celle-ci fut donnée par un comité de femmes américaines de la haute société. On peut y lire ceci : Offert par les femmes des Etats-Unis d’Amérique en mémoire de l’aide fraternelle donnée par la France à leurs pères pendant la lutte pour l’indépendance.

6, rue de Presbourg 
Habitée de 1863 à 1864 par le Ministre Dayton et de 1867 à 1868 par le Général John A.Dix. Le Ministre Dayton est mort à Paris et fut remplacé par le Consul John Bigelow.

Hôtel de Valentinois
rue Raynouard / rue Singer
Résidence de Benjamin Franklin
Demeure de Benjamin Franklin pendant presque dix ans. Quand il arriva à Paris en 1777, il fut invité à loger dans cet hôtel particulier par Ray de Chaumont, marchand en commerce international. Il y travailla avec la délégation américaine auprès de la Cour du Roi de France, Arthur Lee, Silas Deane et plus tard John Adams et John Jay. C’est là qu’il conduisit ses fameuses expériences sur l’électricité. Les esprits les plus érudits vinrent lui rendre visite. Il fut invité par le Roi à Versailles et rencontra Voltaire à l’Académie des Sciences. Le 20 novembre 1783, il fut témoin de la première ascension en ballon avec le Marquis d’Arlande et Pilâtre de Rozier. Il retourna en Amérique en 1785. On ne l’oublia jamais en France. Même durant la Convention, il fut fêté le 12 juin comme un héros républicain.

Jardins du Trocadéro
Statue de l’Amiral de Grasse
Oeuvre du sculpteur Paul Landowski, ce monument élevé dans les jardins du Trocadéro à la mémoire de l’Amiral de Grasse, fut offert à la ville de Paris par un américain, M.Kingsley Macomber. Il fut inauguré en 1931.